Transformer une table en table de jeu de société

Ikea-hack pour joueur-bricoleur

À force voir passer des projets Kickstarter avec de splendides tables de jeu en bois massif livrées avec plus d’options qu’il n’y a de pièces dans un jeu en échange d’un ou plusieurs billets de mille, l’envie irrésistible d’avoir la même chose à la maison s’est faite plus forte…
Le déclencheur a été une partie de Feudum pour laquelle j’ai fait la mise en place puis la (longue) explication du jeu. Au moment de passer à table pour grignoter, nous avons laissé le jeu en place et mangé dehors… heureusement que le temps s’y prêtait ce jour là mais il nous fallait une solution plus pratique pour les soirées d’hiver où personne n’ira casser la dalle dans le froid sur la terrasse !

Voici le récit de la transformation (réussie ?) de notre table de salle à manger.

Prendre un bon départ

Pour concevoir et installer une vraie table dédiée aux jeux de plateau, nous avons quelques contraintes importantes :

  • pas de « salle de jeu » dédiée dans laquelle faire trôner du beau mobilier à usage unique,
  • conserver une grande table de séjour (grande famille oblige),
  • avoir une surface de jeu suffisante pour les « gros jeux »
  • limiter la manutention et le stockage temporaire des éléments.

Et tout ça, s’il vous plaît, sans lâcher le budget annuel d’un ministre « juste pour jouer » !

Exploiter l’existant

Pour répondre à notre cahier des charges exigeant, nous avions malgré tout la chance d’avoir une table suédoise qui pouvait fournir une bonne base de départ
Notre modèle domestique (« Bjursta ») est une table qui comporte deux rallonges amovibles que le fabricant de kits à la bonne idée de ranger sous le plateau principal coulissant.

Ce « rangement » s’avère être une structure basique qui pourrait tout à fait servir de support à un fond de table de jeu en offrant même un débattement vertical d’un peu plus de 6 cm sous le plateau.

Cette hauteur « sous plafond » permet d’envisager de laisser la plupart des jeux de figurines en place à part Anachrony ou Black Rose Wars (pour lesquels les figurines devront faire la sieste à l’horizontale jusqu’à la prochaine partie).

Par contre, une chose est sûre : après transformation il faudra envisager de trouver une autre place aux rallonges…

Ingrédients de base

Avant d’attaquer l’évaluation du budget et le projet de conception, nous avons commencé par regarder ce qui se faisait « chez les pros » pour établir la liste de doléances minimales :

  • fond de table avec tapis de jeu
  • pas de démontage / remontage autre que le retrait des plateaux de la table
  • repose-bras calibré pour allier confort, esthétique et durabilité
  • (en option) éclairage d’ambiance

Partant de la structure existante, il nous faut donc :

  • une planche (pour le fond de table)
  • du textile pour habiller la table
  • des planches pour les repose-bras
  • du « petit bois » complémentaire pour réaliser la structure
  • la solution d’éclairage

Conception éclairée

Après de nombreuses mesures et simulations sur papier nous avons réussi à déterminer que nous pourrions « tout planquer » sous les plateaux actuels et imaginer un système qui permette de remettre la table en son état d’origine.

Une fois terminée, personne ne saura ce que renferme la table jusqu’au moment de passer du repas entre amis à la soirée jeu…

Liste de courses expliquée

  • Compte tenu de la structure en place « dans la table », le fond de table ne nécessite pas une planche de forte épaisseur. Je suis parti sur une planche de « MDF en 6 mm » (bon rapport qualité-prix).
  • Pour des repose-bras confortables il faut au moins une largeur de profondeur de 10cm. Pour l’esthétique et la durabilité, un bois dur et noble est nécessaire. Des lames de chêne massif de 10 cm de large et 20mm d’épaisseur feront l’affaire.
  • Les repose-bras seront posés sur la « ceinture » de la table mais nécessitent un calage supplémentaire à base de tasseaux. Autant prendre du pin (pas cher) que nous habillerons avec le textile du fond de table.
  • Côté chiffons tissu pour l’habillage nous sommes partis sur un skaï relativement neutre car facile à mettre en place et à nettoyer à l’usage. Au pire nous ferons faire un beau tapis Néoprène sur-mesure un jour…
  • Pour l’éclairage, un simple ruban de LED à coller sous le repose-bras devrait faire l’affaire.
  • Ne jamais oublier le petit matériel : vis, tourillons, colles et agrafes…

Même bien équipé pour bricoler j’ai cédé à la facilité de faire faire les découpes au magasin, histoire d’arriver avec tout « prêt à monter ». Il ne faut plus qu’une perceuse-visseuse, une scie et une agrafeuse de tapissier.

Vous vous demandez pour le budget ? Un peu moins de 150 euros (hors main d’œuvre et avis précieux de Madame !).

Montage de la table de jeu

De retour avec tout le matériel, quelques vis défaites plus tard (pour retirer les plateaux coulissants), il n’y a qu’à poser la planche de MDF sur la structure.

Vient ensuite le moment de la mise en place des tasseaux qui viendront soutenir les repose-bras.

Puis l’installation (temporaire) des repose-bras…

Méthode d’assemblage du cadre

Plutôt qu’une coupe d’onglet à 45° pour réaliser le « cadre repose-bras », nous avons préféré (enfin Madame !) aller sur une solution à la fois plus simple et plus moderne : coupe à 90°, décalage tournant des longueurs et montage à base de tourillons / collage.

Le bois est ensuite poncé pour adoucir les angles et le grain de la matière puis traité à l’huile de lin pour le protéger des assauts du temps.

Habillage du bois

Le « tissu » choisi qui habillera le fond servira également à recouvrir les tasseaux placés en retrait sous les repose-bras. Une règle et une bonne paire de ciseaux et c’est parti pour la découpe des 2 longueurs et 2 largeurs puis du fond de table.

Le Skaï a l’avantage de ne pas trop se déformer tout en restant suffisamment souple pour une mise en place facile (notamment pour l’agrafage tout le long des tasseaux).

Le fond de table est collé à la colle blanche puis agrafé sur les tranches de la planche de MDF car avec 6mm d’épaisseur de bois j’avais quelques craintes d’un agrafage par le dessous…

Finitions lumineuses

Pour finaliser le montage, le fond de table habillé est posé sur la structure puis le cadre final est assemblé en vissant les tasseaux de bordures (habillés) dans le cadre formé des repose-bras.

Le ruban de LED est collé sous le repose-bras, le long de l’habillage latéral.

Il ne reste qu’à poser le tout sur la structure de table et… admirer le résultat…

Sur un plateau

Pour « refermer » la table en toute sécurité, j’ai ajouté des tasseaux latéraux sous le plateau ainsi que quelques patins en feutre. Rien ne bouge et une fois fermée, l’illusion est parfaite !

Verdict ?

Après quelques parties, le confort de jeu est indéniable : les bras tombent naturellement vers la surface de jeu. L’éclairage apporte un petit plus très agréable.

Le gros avantage est surtout de pouvoir laisser sa partie en cours « dans la table » pour y revenir plus tard ou simplement préparer une soirée jeu en toute discrétion… L’effet « waouh » lors du retrait des plateaux est bien présent pour tous ceux qui connaissent les « tables classiques »…

Publications récentes

Ben
Tout est parti d'un Carcassonne sur iPad... la tuile... car depuis les jeux de plateau sont devenus plaisir et passion du quotidien. En charge de la zone "expert" et "jeux cultes" de la collection. Références : les jeux de Stegmaier et Shem Philipps.

8 Commentaires

    • Bonjour et merci pour le message. Le plateau repose sur bien plus large qu’avant (les repose-bras) donc pas de craintes. Ces derniers reposent à 70% sur du bois plein et ajusté, avec un porte-à-faux extrêmement limité et sans contrainte mécanique forte.

      • C’est vrai que comme tout est repris par les quelques chevilles des barres qui supportaient les rallonges j’ancrais un peu qu’e.mn s’appuyant sur le plateau (lors de l’installation d’un jeu par exemple) car risquait de céder. Mais rassuré par ta réponse.
        Sinon si je comprend bien l’ensemble « repose bras + tasseaux » est libre non ? ou est-il fixé sur le plateau ?

        • Pour des questions pratiques j’ai laissé le « cadre » (repose-bas vissés sur tasseaux) libre car ajusté au millimètre et sans mouvement latéral possible. Rien n’empêcherait de mettre quelques vis si nécessaire mais j’avoue être resté séduit par l’idée de ne pas « modifier » l’ensemble d’origine. Après plusieurs semaines rien ne bouge et les plateaux avec la rallonge sont bien sécurisés.

  1. Bonjour, merci pour cet article. Je vais tenter l’expérience. Une question : les reposes-bras sont-ils indispensables? est-ce vraiment trop désagréable de jouer en laissant les côtés fins d’origine? Laurent

    • Bonjour, pour ce qui est des repose-bras, c’est un confort que je dirais indispensable car poser ses avant-bras sur une 20mm de large fait rapidement mal (à moins d’y mettre quelque chose comme des mousses à tubes de chauffage ?).
      De plus, il faut avouer qu’ils servent à plein de choses : poser un verre, un téléphone, ses cartes, etc 😉

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