Architectura, le test

Colonne-isation pour une ville bien rangée

Infos jeu

  • Familial
  • Pose de cartes
  • 2 à 4
  • 8+ ans
  • 15 à 40 min
  • Pavel Atamanchuk
  • Marina Kunakasova
  • mars 2019
  • 15 €

REVIEW OVERVIEW

Prise en main
Rejouabilité
Matériel
Interaction

Notre avis

Mis à part le matériel décevant qui nage dans une grande boîte, Architectura est une bonne surprise de ce début d’année. Adapté à tous les publics, il apporte un peu de variété dans les jeux à pose de cartes.
À vous de voir

Découvert un peu par hasard et ajouté à la collection sur un coup de tête pour son petit prix, Architectura a quelques atouts pour plaire…

Architectura, en bref : je pose une carte bâtiment à côté d’une autre et en fonction de la différence de valeurs, j’améliore / diminue la valeur de celle à laquelle je me colle, voire je la « détruis », puis j’applique un effet.

Architectura, thème ou thème pas ?

« Dans Architectura, les architectes les plus célèbres du royaume construisent une cité resplendissante, remplie de parcs, théâtres, tavernes […] devenir le plus influent de la ville… » Ambition, compétition acharnée, tout ça, tout ça…

En vrai, ça ne va pas aller plus loin que des chiffres sur les cartes pour illustrer l’influence et quelques effets lors de l’entrée en jeu. Côté mise en oeuvre graphique, le rêve vendu par l’illustration de la boîte n’est pas rendu sur les cartes… Ramage, plumage & co : limite on se demande si ce ne sont pas deux artistes qui ont géré le packaging et les cartes.

Le matériel d’Architectura

La boîte, compacte, joliment illustrée et colorée fait de l’œil sur les étagères mais… à l’ouverture c’est terriblement vide et décevant.
On y trouve un paquet de cartes scellé, un sachet de jetons merdiques en plastique, la règle du jeu et des sachets de rangement.


Ok c’est un jeu de pose de cartes et il ne faut pas s’attendre à un matériel phénoménal mais pour le prix la qualité des cartes n’est pas la hauteur. Pas assez rigides (sans compter que le format les rendra impossible à sleever !) elles souffriront aux mélanges réguliers pour créer les pioches.
Le second et gros point noir ce sont les jetons en plastique : épais d’à peine un millimètre, minuscules… on n’a pas vu ça depuis les jeux des années 90 !?

De simples jetons en bois, sans demander une découpe particulière, ne doivent pas grever terriblement la marge mais assurent de meilleures sensations au déballage !

A contrario, l’éditeur a été généreux sur les sachets de rangement : 1 par couleur / joueur + 1 pour les cartes de mise en place ! Wouhou…

Le principe de jeu dans Architectura

Le but du jeu est de construire une cité en alignant les bâtiments sous forme de grille : les quartiers en colonnes et autant de rangées / rues que de joueurs.

La mise en place est rapide : on aligne huit numéros qui désignent les colonnes / quartiers et on refile le paquet de 12 cartes bâtiment de sa couleur à chaque joueur.

Les cartes bâtiment sont carrées et, outre un nom, un effet et une illustration, sont dotées de 4 bannières colorées (1 par côté) agrémentées d’une valeur. La valeur inscrite à côté du nom de la carte est la « valeur de départ ».

À chaque tour le joueur pose une carte de sa main, résout les effets de la carte et complète sa main de 6 cartes.
La pose des cartes bâtiment est conditionnée par le choix d’un emplacement en début ou fin de rangée ou encore en lieu et place d’une carte « détruite ».

Cartes tournantes

Une fois la carte posée, on attaque le calcul mental en comparant la valeur de cette dernière à sa voisine de gauche :

  • si la valeur de la carte voisine est inférieure ou égale à la moitié de celle de la carte posée, la voisine est détruite (retournée) et pourra servir d’emplacement de pose. Exemple : je pose le 7 à droite d’un 3. 3 est inférieur à la moitié de 7. Si si, promis.
  • si la valeur de la carte voisine est inférieure (sans remplir la condition précédente), celle-ci est tournée vers la gauche de façon à réduire sa valeur.
  • si les valeurs sont égales, rien ne se passe.
  • si la valeur de la carte voisine est supérieure, celle-ci bénéficie d’une rotation vers la droite pour en augmenter la valeur.

Les effets de la carte (immédiats pour la plupart) sont ensuite résolus : destruction, déplacement, rotation ou restauration de carte, points de victoire sous condition, etc.

Une fois que la grille est complète (toutes rangées et colonnes comblées), il suffit de compter les valeurs « actives » des cartes et d’y ajouter les quelques éventuels bonus liés à des effets de cartes.

La tête qui tourne

Le principe est simple mais la pose se doit d’être réfléchie un minimum sous peine de donner des points à l’adversaire et de se tirer une balle dans le pied. La partie est rapide et se retourne sans cesse avec l’arrivée de nouveaux bâtiments qui affectent les valeurs en place, bougent ou détruisent ceux en place, etc. Le calcul est permanent et le rattrapage peut devenir assez coton si l’on a mal anticipé la construction de ses bâtiments face aux effets à venir.

En effet, après quelques parties d’Architectura, les plus calculateurs seront en mesure d’adapter leur stratégie en comptabilisant les cartes posées afin d’estimer les risques de poser telle ou telle valeur en fonction des cartes encore en jeu (et de leurs effets !).

Variante : version « deckbuilding » ?

Si vous tournez en rond ou que votre adversaire maîtrise trop bien les probabilités pour ajuster son jeu, Architectura propose des règles avancées qui permettent ni plus ni moins de remplacer des cartes.
Jusqu’ici rien de bien nouveau pour une variante mais ce que l’on n’avait pas vu venir c’est que, en dehors de devoir remplacer une carte par une autre de même valeur :

  1. le remplacement des cartes est laissé à la libre appréciation de chaque joueur…
  2. les différents sets de cartes spéciales ne sont pas identiques !

Et ça ça change tout… sans aller taper dans du deckbuilding, les 6 cartes spéciales savamment intégrées peuvent changer la donne, pour le meilleur ou pour le pire !

Et Architectura, à deux ?

En duo, Architectura s’avère plus « contrôlable » car un seul adversaire pourra interférer sur nos bâtiments posés. Les parties sont très rapides (à peine plus d’un gros quart d’heure) et dynamiques. La vigilance sur les actions et effets sera de tous les instants pour ne pas se faire distancer niveau points.

Finalement, Architectura…

Passée la lourde déception du matériel, Architectura est bon petit jeu facile à lancer et rapide à jouer. La mécanique est intéressante mais si on hésite toujours sur le sens de la rotation des cartes au moment de la comparaison des valeurs.
La variante renforce l’intérêt du jeu sur le long terme et lui assure une meilleure survie dans nos ludothèques chargées !

Règles de Architectura

Télécharger “Règles d’Architectura” Architectura.pdf – Téléchargé 56 fois – 12 MB

Publications récentes

Endeavor : le mode solo non officiel en français

La dernière édition d'Endeavor permet désormais de jouer à 2 joueurs mais toujours pas de trace d'un mode solo. Il n'est effectivement...

Le dernier Leder Games s’annonce Fort intéressant

L'éditeur de Root ne fait pas que dans le gros jeu asymétrique et le prouve avec la sortie prochaine de "Fort" un...

L’Âge de Pierre, un mode solo officiel en français

Après Carcassonne et quelques autres jeux, l'éditeur Hans im Glück continue d'alimenter sa collection de "modes solo". C'est au tour de L'Âge...

Demeter : la feuille Automne est tombée

Il y a quelques jours, Sorry We Are French annonçait ses nouveautés à venir dans les prochains mois dont... du nouveau contenu...

Superlude signe Tiny Reef, un Flip & Write de Jordy Adan

Et de 3 ! Après, le très bon Inkalam, l'original Licornizer, c'est maintenant Tiny Reef qui rejoint la collection Print & Play...

Margraves de Valeria, le test

Margraves de Valeria c’est un énième jeu dans l’univers de… Valeria (oui, c’était facile) connu principalement pour sa déclinaison « Valeria : le...
Ben
Tout est parti d'un Carcassonne sur iPad... la tuile... car depuis les jeux de plateau sont devenus plaisir et passion du quotidien. En charge de la zone "expert" et "jeux cultes" de la collection. Références : les jeux de Stegmaier et Shem Philipps.