Bunny Kingdom, notre avis

Vous allez apprendre à (bien) poser des lapins !

Infos jeu

  • Connaisseur
  • Draft, Placement
  • 2 à 4
  • 12+ ans
  • 45 à 60 min
  • Richard Garfield
  • Paul Mafayon
  • octobre 2017
  • 45 €

REVIEW OVERVIEW

Prise en main
Rejouabilité
Matériel
Interaction

Notre avis

De superbes illustrations et un matériel aguicheur pour une mécanique plutôt rare : draft et placement mâtinés d’objectifs. Un jeu original qui séduit les nouveaux joueurs à chaque sortie.
Recommandé

Quand Richard Garfield (le papa de Magic) annonce une nouveauté, on est sur les dents, on tend l’oreille… Et puis, quand ça parle cartes + draft + plateau avec plein de matériel, on sort du terrier en courant !

Bunny Kingdom, en bref : à chacune des 4 manches, je drafte ma petite douzaine de cartes avec mes voisins puis je leur pose des lapins aux coordonnées indiquées sur l’échiquier le plateau. Ensuite, je construis cités, exploitations, campements et relais et j’agrandis mon fief au fur et à mesure.


Je termine la manche par un comptage de points carottes intermédiaire basé sur l’état actuel de ma colonisation. Et on recommence.

Le matériel de Bunny Kingdom

La boîte mate + vernis sélectif brillant pour le titre posé sur le superbe dessin de Paul Mafayon flatte l’oeil.
A l’intérieur, l’agencement en carton est sérigraphié et permet a minima d’organiser le contenu :

  • 144 figurines de lapins (36 de chaque couleur / joueur)
  • 39 « Cités de puissance » joliment «sculptées » (en 3 tailles)
  • 24 jetons « d’angle » pour les Constructions
  • 182 cartes Exploration

Certes, figurines Lapins et Cités de puissance sont en plastique, mais de bonne qualité : solide, détaillé, sans traces de moulage.

Les cartes sont épaisses et avec de magnifiques dessins mais il faudra songer à les protéger car la mécanique de draft risque de les faire souffrir à terme.

Bunny Kingdom, thème ou thème pas ?

« Vous incarnez des seigneurs Lapin qui partent à la conquête d’un Nouveau Monde pour le compte du Roi Lapinot ». Lu comme ça, on part sur quelque chose d’assez enfantin et les illustrations ne démontent pas l’hypothèse.
Ensuite on a des lapins et un score en carottes mais c’est tout ce qui va raccrocher au thème ou presque… Point de cultures, de terriers, de reproduction en masse ou de myxomatose ravageuse à l’horizon.


Cela n’en fait pas un mauvais jeu et le matériel rattrape le thème dilué mais le côté enfantin peut refroidir certaines ardeurs à la découverte du jeu qui est d’un niveau plus élevé…

Le principe de jeu dans Bunny Kingdom

Dans Bunny Kingdom, vous allez devoir prendre place sur des territoires pour constituer des fiefs (collection de territoires adjacents) et y placer Constructions et Exploitations pour marquer plus de points qui sont comptés sous forme de « Carottes d’Or ».

Carotter des cartes ? Je suis fane !

Le draft qui démarre chaque manche permet de choisir 2 cartes (parmi 4 types), de ses effets et de passer le solde au voisin jusqu’à épuisement de la main. Les choix sont dictés par les types de cartes et leur impact sur votre stratégie :

  • les cartes « Territoire » comportent des coordonnées (A3, B6, C8… touché… coulé !) où poser un de ses lapins afin de prendre possession d’un territoire et de démarrer / agrandir un fief.
  • les cartes « Construction » offrent de récupérer une Cité ou un jeton (Exploitation, Relais, Campement) qui sont autant d’améliorations de la valeur du territoire et/ou du fief. Le pion glané sera planté lors de la phase qui suit le draft.
  • les cartes « Ravitaillement » permettent de piocher et jouer immédiatement 2 cartes de la pioche. Un bon moyen de s’étendre plus vite !
  • les cartes « Parchemin » viennent proposer des missions (objectifs personnels) qui gonfleront le stock de carottes en fin de partie.

Au premier tour le draft est hésitant car on ne sait pas trop où aller et quelle stratégie dessiner mais ensuite : on prend ce qui semble intéressant pour soi. Puis, la partie avançant, ça commence à sentir la carotte et on commence à être sur les dents (que certains ont longues…) : drafter ou contre-drafter = choisir pour soi ou pour bloquer celui qui va récupérer notre main / les autres ?

Constructions : les lapins entérinent leur domination

Etonnamment, les lapins de Bunny Kingdom ne creusent pas de terriers mais construisent des Cités, des Exploitations, des Relais aériens ou des Campements…
Dans cette phase qui suit le draft, il est question d’utiliser les cartes construction et les jetons associés collectés :

  • les « Exploitations » augmentent la richesse du fief
  • les « Cités » agissent comme des multiplicateurs de la richesse du fief
  • les « Relais aériens » viennent connecter des territoires distants, pour rassembler deux fiefs à l’opposé du plateau par exemple.
  • les « Campements » servent à poser « temporairement » un lapin sur un territoire vierge… mais attention un joueur pourrait venir vous exproprier à la faveur des tirages de cartes !

Soupe à la carotte

La manche s’achève par un décompte des Carottes d’Or collectées dans les fiefs : chaque fief rapporte le résultat de la multiplication de la Puissance de ce dernier (nombre de tours des Cités qu’il comporte) par sa Richesse (nombre de ressources différentes qu’il produit).

Ok oubliez les maths, on vous fournit une jolie table de multiplication. Il faut juste compter puis recompter au tour suivant et encore et encore. C’est le côté un peu fastidieux de la partie : recompter sur un plateau pas hyper large les tours, les ressources, s’assurer que tout est correctement connecté, etc.

En toute fin de partie, à l’issue de la quatrième manche, les joueurs révèlent leurs parchemins et, si les missions sont réussies, gagnent de précieux points complémentaires qui peuvent renverser le score affiché à cet instant !

Et Bunny Kingdom, à deux ?

En général, faire un draft en duo n’est pas terrible et cela oblige à modifier le principe. Bunny Kingdom n’échappe pas à la règle et propose aux deux joueurs d’avoir 10 cartes en main et 10 cartes en réserve. Chacun pioche 1 carte de la réserve pour augmenter le choix de cartes puis en choisit une à jouer et défausse l’autre (sorte de contre-draft).

Ce changement dans le draft incite fortement à jouer le contre : une carte pour moi et une carte PAS pour toi. Na !

Pour le reste, le jeu est le même à la différence près que le choix des cartes est plus cornélien et qu’il y a des chances de se caler chacun dans un coin de la carte (ou pas !).

À 3 ou 4, on se retrouve plus facilement serrés et à marcher sur les plates-bandes des autres.

Finalement, Bunny Kingdom…

Bunny Kingdom offre du draft associé à une conquête de territoires aux mécanismes intéressants : chacun pourra y trouver son compte entre collecte de ressources, expansion ou réalisation de missions / objectifs.
Les stratégies gagnantes sont variées même si l’ensemble manque cruellement d’interaction.
Côté thème, on aurait pu envisager des chats (tant qu’à s’appeler Garfield) que ça n’aurait rien changé au résultat !

Règles de Bunny Kingdom

Télécharger “Règles de Bunny Kingdom” BunnyKingdom-Regles.pdf – Téléchargé 52 fois – 17 MB

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Tout est parti d'un Carcassonne sur iPad... la tuile... car depuis les jeux de plateau sont devenus plaisir et passion du quotidien. En charge de la zone "expert" et "jeux cultes" de la collection. Références : les jeux de Stegmaier et Shem Philipps.